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GDID-08. |
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À propos des stages de remise à niveau.
En tant que directeur d’école, je connais mon devoir de réserve et je n’ai pas l’habitude d’émettre de critiques sur les nombreuses tâches que nous demande notre hiérarchie. Mais en tant que citoyen français, j’estime avoir le droit de donner mon avis, surtout sur un problème qui me concerne à plus d’un titre. Après tout, n’est-on pas en train de nous consulter sur le projet de programmes ? Alors pourquoi pas sur les stages de remise à niveau ?
On peut ergoter à l’envie sur la manière dont ces stages nous sont imposés.
On peut s’interroger à juste titre sur l’efficacité de tels stages, surtout ceux qui seront organisés au cours de la première semaine des grandes vacances. Quel élève de CM2, entrant en sixième en septembre, sera motivé pour être remis à niveau avant de partir en vacances ? À moins qu’ils ne concernent que les éventuels redoublants… mais cette catégorie n’est-elle pas en voie d’extinction ? Qui peut croire qu’en une semaine de 15 heures on va gommer les difficultés que les aides mises en place au cours de toute une scolarité primaire n’ont pas pu résoudre ?
On peut protester sans fin contre ce surcroît de travail surtout pour ceux qui, comme moi, sont à la fois directeur et maître de CM.
Pour ma part, je m’insurge plutôt contre ce qui est à mes yeux une atteinte à l’égalité, principe pourtant inscrit dans notre constitution.
Je ne parle pas de l’inégalité qui est en train de s’insinuer entre les enseignants : ceux qui acceptent d’encadrer les stages de remise à niveau et ceux qui refusent, ceux qui ont des élèves en CM et ceux qui ont en charge d’autres niveaux (qu’ils se rassurent, leur tour viendra…), ceux qui vont gagner plus en percevant des heures supplémentaires…
Non, c’est l’inégalité entre les enfants induite par ces stages de soit-disant remise à niveau qui m’incite à prendre la plume aujourd’hui.
Comment vont réagir les enfants pour qui ces stages sont proposés ? Mettons-nous un moment à leur place. Moi, élève de CM2 en difficulté, qui n’aime déjà pas beaucoup l’école (puisque je m’y trouve en difficulté), on m’oblige à y aller pendant mes vacances alors que mes copains sont en train de se la couler douce. C’est profondément injuste et révoltant et ce n’est pas ça qui va me motiver pour faire l’effort de « me remettre à niveau ».
Mettons-nous un moment à la place des parents ayant un enfant en « légère » difficulté. Pourquoi mon fils, qui a un peu de mal en grammaire, ne pourrait-il pas avoir droit à une semaine de stage, alors que Untel en bénéficie ? C’est profondément injuste et je proteste contre cette criante inégalité.
Qui leur fera admettre que c’est justement pour réduire les écarts de niveau qu’on organise cette inégalité ?
La lutte contre l’échec scolaire est un problème beaucoup trop complexe pour trouver une solution dans cette
organisation inégalitaire mise en place à la hâte et sans concertation avec les professionnels de l’éducation.
Transmis par Jean-Pierre
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